15 milliards d’euros. C’est la trésorerie que les PME françaises auraient récupérée en 2024 sans les retards de paiement, selon le rapport 2024 de l’Observatoire des délais de paiement. Votre encours client représente peut-être 20, 30 ou 50% de votre chiffre d’affaires annuel immobilisé. Chaque jour de retard coûte cher.
Sans visibilité sur les montants dus et les échéances, vous découvrez les impayés trop tard. Les relances manuelles s’accumulent. La pression sur la trésorerie monte. Ce guide vous donne les méthodes, les outils et les pratiques pour reprendre le contrôle de vos créances et réduire durablement votre DSO.
Pourquoi un suivi rigoureux des encours change tout
Un DSO mal maîtrisé ne se contente pas d’alourdir votre BFR. Il fragilise votre capacité à investir, négocier avec vos fournisseurs et traverser les périodes tendues. Le communiqué du ministère de l’Économie de juillet 2025 révèle un retard moyen de 13,6 jours en France, supérieur à la moyenne européenne. Pour une PME avec 500 000 € d’encours, chaque jour de retard représente environ 1 370 € de trésorerie bloquée.
13,6 jours
de retard moyen de paiement en France fin 2024
Le suivi des encours s’inscrit dans une chaîne plus large, qui démarre dès le choix des logiciels pour créer des devis en ligne. Une facture mal émise ou un devis ambigu génère des litiges qui retardent le paiement. Le problème commence souvent bien avant l’échéance.
L’erreur la plus fréquente que je constate ? Le suivi sur tableur Excel. Dans mon accompagnement de PME de services B2B en France métropolitaine (environ 80 entreprises entre 2021-2025), le suivi des encours sur fichier Excel sans synchronisation comptable génère un retard moyen de détection des impayés de 18 jours. Résultat direct : un allongement du DSO de 12 à 15 jours. Ce constat est limité à ce profil d’entreprises et peut varier selon la taille de l’équipe comptable et le volume de factures.

Erreur coûteuse : Un fichier Excel non synchronisé avec votre comptabilité crée un angle mort de 2 à 3 semaines sur vos impayés. C’est le temps pendant lequel votre trésorerie se dégrade sans que vous le sachiez.
Sans outil adapté, vous perdez du temps à consolider des données éparpillées. Vous subissez les relances au lieu de les piloter. Les clients à risque passent sous le radar jusqu’au moment où le litige éclate. Un suivi structuré permet d’anticiper, de prioriser et d’agir avant que le retard ne devienne un impayé définitif.
Les fonctionnalités indispensables pour piloter vos encours
Comparer un tableau de bord temps réel à un fichier Excel, c’est comme opposer un GPS à une carte routière papier. L’un vous guide en temps réel, recalcule l’itinéraire et signale les obstacles. L’autre vous montre le territoire tel qu’il était à l’impression. Vos encours évoluent chaque jour. Vos outils doivent suivre.
Une solution dédiée à la gestion encours client centralise les données factures, paiements et litiges. Elle synchronise automatiquement les informations comptables. Elle génère des alertes avant échéance et déclenche des relances automatisées sans intervention manuelle. Ce niveau d’automatisation libère vos équipes.
Le récapitulatif ci-dessous classe les fonctionnalités selon leur impact réel sur le DSO et leur complexité de déploiement. Cette priorisation vous aide à distinguer l’essentiel de l’accessoire lors du choix d’un outil.
| Fonctionnalité | Impact DSO estimé | Priorité | Complexité |
|---|---|---|---|
| Synchronisation comptable temps réel | -5 à -8 jours | Indispensable | Moyenne |
| Relances automatiques personnalisées | -4 à -6 jours | Indispensable | Faible |
| Alertes avant échéance | -3 à -5 jours | Indispensable | Faible |
| Scoring comportement payeur | -2 à -4 jours | Recommandée | Moyenne |
| Tableau de bord balance âgée | -1 à -3 jours | Recommandée | Faible |
Selon le guide AFDCC 2025, l’automatisation des tâches de relance libère jusqu’à 80% du temps des équipes. Ce temps récupéré peut être réinvesti dans la gestion des cas complexes et la relation client. Les dossiers traités montrent que la productivité bondit dès les premières semaines.
Cas concret : Un dirigeant de PME négoce (35 salariés, région lyonnaise, 2023) affichait un encours client de 420 000 € avec 28% en retard de plus de 60 jours. Après déploiement d’un outil de suivi automatisé avec scoring et alertes, son DSO est passé de 67 à 48 jours en 6 mois. Trésorerie libérée estimée : 85 000 €.
L’étude Appvizer sur les logiciels de recouvrement 2025 confirme un gain de productivité d’environ 30% grâce à l’automatisation des actions à faible valeur ajoutée. L’enjeu n’est pas de multiplier les fonctionnalités, mais de choisir celles qui produisent un effet mesurable.
Bonnes pratiques pour réduire durablement votre DSO
80% des gains DSO viennent de trois actions que la plupart des entreprises négligent. C’est mon constat après des années d’accompagnement. Pas besoin d’un outil sophistiqué pour commencer. Il faut de la rigueur sur les fondamentaux : alertes anticipées, scénarios de relance et traçabilité des litiges.
Ces outils de pilotage s’inscrivent dans la logique des solutions SaaS pour les entreprises, avec déploiement rapide et mises à jour automatiques. Vous n’avez pas besoin d’une DSI complète pour automatiser vos relances. Une équipe comptable de deux ou trois personnes peut piloter l’ensemble du processus.
L’audit de votre processus actuel révèle souvent des failles simples à corriger. Posez-vous les questions suivantes pour identifier vos priorités.
Audit express de votre suivi encours
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Vos données encours sont-elles synchronisées quotidiennement avec la comptabilité ?
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Recevez-vous une alerte automatique 7 jours avant chaque échéance ?
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Vos relances suivent-elles un scénario prédéfini avec escalade progressive ?
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Identifiez-vous en un clic les clients avec retard supérieur à 30 jours ?
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Tracez-vous les litiges et leur impact sur le règlement des factures ?

Chaque réponse négative pointe une zone d’amélioration. Commencez par le maillon le plus faible. Un processus solide génère des résultats mesurables dès les premières semaines : votre balance âgée s’allège, vos équipes passent moins de temps sur les tâches répétitives, et votre cash-flow reprend de l’oxygène.
La vraie question maintenant : allez-vous continuer à subir vos encours ou décider de les piloter ? Chaque jour de retard évité, c’est de la trésorerie récupérée. À vous de trancher selon vos priorités.
